Le 12 novembre 2012 mon collègue et ami Guillaume est invité à l’émission Médium Large à  la radio de Radio-Canada afin de parler de choses très sérieuses. L’émission animée par l’élégante Catherine Perrin était pour nous une chance inouïe de partager nos connaissances sur l’importance de la poutine dans le reste du Canada et de par le monde à un auditoire large et varié.

Je me réveille donc le matin en question anxieux et fébrile à l’idée d’écouter l’émission. Je syntonise mon radio et me prépare psychologiquement à écouter Guillaume parler de notre valeureuse poutine. Je ne sais pas pourquoi mais je trouve toujours amusant de voir ou entendre des gens que je connais à la radio, télé, internet, etc. Disons que ça me donne  un peu le même feeling que j’avais lorsque j’étais encore enfant et que je jouais à la cachette. Je commence donc à ressentir progressivement les symptômes associés à ce sentiment si puissant : rigolade incontrôlée, surexcitation,  transpiration excessive et dilatation de la vessie. Mais ça c’est un autre sujet…

Revenons à nos moutons. L’autre invité : l’auteur et professeur Jean-Pierre Lemasson discute donc en début d’émission avec l’animatrice de son livre portant  sur la gastronomie Québécoise.  Fort intéressant et bien articulé je commence à me dire que Guillaume va devoir fournir une solide prestation radiophonique pour se démarquer car M. Lemasson semble être dans une zone de confort.

Et voilà qu’à la onzième minute de l’émission retentie le ‘’BONJOUR, BONJOUR’’ de notre représentant Poutinewar. Merveilleux, mon sentiment de cachette bat son plein et je m’amuse comme un petit fou seul et en boxer dans mon appartement.

Tout se déroule bien jusqu’au moment où M. Lemasson commence à  dénigrer  la poutine en la comparant au sandwich au baloney! À partir de ce moment, voilà que je commence à me sentir frustré, impuissant et je suis malheureusement toujours seul et en boxer dans mon appartement. Je voudrais être en studio avec Guillaume afin de pouvoir contrebalancer les attaques formelles que lance notre interlocuteur à notre pauvre petite poutine sans défense.  Même Catherine Perrin semble, à un certain moment, vouloir venir à la rescousse de cette dernière.

Pendant le reste de l’entrevue on a agressé la poutine de façon illégitime et je n’en suis toujours pas revenu.  Voilà pourquoi je dédie mon premier blogue à cette entrevue car, maintenant,  je peux enfin dire publiquement que je trouve injuste qu’on qualifie la poutine de simple plat de montage industriel représentant le degré zéro de la gastronomie où des frites noires sont recouvertes d’une sauce gluante…

Et vous? Mangez-vous votre poutine avec vos mains…?

Écouter l’entrevue : http://www.radio-canada.ca/emissions/medium_large/2011-2012/chronique.asp?idChronique=256374